Jón Gnarr* et la Vierge de la Macarena* entament des négociations pour faire liste commune à Barcelone.

Nous devons faire en sorte qu’aucune voix n’aille à Valls. Il faut que ceux qui veulent voter pour un clown le fassent pour une liste vraiment comique. Valls n’est pas drôle. Son désir de se prendre au sérieux est pathétique, déclarent-ils.
Nous avions annoncé il y a une semaine que des négociations allaient commencer entre l’équipe de la Vierge et celle de Jón Gnarr en vue de constituer une liste commune. Nous avions dévoilé la lettre que la Vierge avait transmise à Jón Gnarr. Aujourd’hui, nous rencontrons les deux personnalités. Propos croisés traduits sans dénaturation de l’islandais par Sebastián Nowenstein, que nous remercions.
Où en êtes-vous des négociations ? Y aura-t-il une liste commune ?
Vierge : Oui, nous en sommes convaincus tous les deux. Nous avons la volonté de travailler ensemble. Nous voulons servir les Barcelonais, pas relancer une carrière politique à bout de souffle.
Jón Gnarr : Ou même finie, je dirais. En réalité, pourquoi le nier ?, il y a aussi un aspect corporatiste. Nous voulons défendre l’idée que n’importe qui ne peut pas s’improviser amuseur public. Valls feint de faire de la politique, mais c’est surtout une carrière de clown qu’il vise, après qu’il a constaté que plus personne ne voulait de lui en tant que politicien.
Valls est-il un danger ?
Jón Gnarr : Oui, parce que de gens désabusés peuvent voter pour lui. Des gens qui veulent rire (même si le rire est jaune…). Des gens qui veulent faire payer les humiliations reçues. Cela risque, malgré tout, dans le climat si particulier qui règne à Barcelone en ce moment, de faire quand-même beaucoup…
Vierge : Il y a de nous jours une tendance à mélanger réalité et fiction. Un ministre donne la médaille d’or de la police à une vierge, un maire, celle de sa ville à un autre Vierge. Le ministre mentionné dit que Jésus est allé à sa rencontre et que l’Espagne va mieux grâce à l’intercession de Santa Teresa… Moi-même, j’arrive à m’incarner… Il y a un danger à nous faire advenir dans le monde réel. Moi, je suis déjà là, mais il ne faut pas abuser des advocations. Valls n’est personne, en vérité, c’est une histoire de hargne et d’ambition méchante qui s’incarne en un petit corps qui eût mieux mérité.
Êtes-vous indépendantistes ?
Jón Gnarr : Non, mais nous sommes contre le national-catholicisme espagnol.
Vierge : Oui, par dépit ou par provocation. (Elle rit). Je ne le suis que parce qu’on a fait de moi pendant des années le symbole du national-catholicisme espagnol. Quand on vous a enfermée 65 ans avec l’un des pires criminels du franquisme, quand on vous a ceinte, du ceinturon de l’homme qui réclamait des assassinats et des viols, quand vous l’avez entendu, cet homme, errer nuit après nuit dans une basilique en criant « España, España », vous avez vraiment envie d’être indépendantiste. Mais je ne le suis pas, au fond. Parce que je n’oublie pas que la Catalogne appartient à tous les Catalans, y compris aux Andalous qui y ont travaillé avec toute l’ardeur de leurs bras. Il y a des dérives ethnicistes dans le nationalisme qui me répugnent. J’ai liké les mots de Sebastián Nowenstein, un professeur français qui nous a rappelé quels pénibles souvenirs de lecture évoquaient certains propos de l’actuel President de la Generalitat.
Vous parlez souvent de l’État de droit…
Vierge : Les indépendantistes ont violé la droit. Rajoy a fait, localement, un coup d’État et porté atteinte à l’idée même de légalité. Valls l’a soutenu…
Jón Gnarr : J’ai eu souvent l’occasion de parler avec Esteban Nierenstein, le porte-parole de Macarena, qui vit en France et qui m’a expliqué qui est Valls, documents à l’appui…
Aux États-Unis, sort un film « based on an incredible true story », qui présente l’élection du président Trump comme le résultat d’une intervention divine… Verra-t-on bientôt un film sur vous, Macarena Coronada, basé sur une incroyable histoire vraie ?
Vierge : Rires… Écoutez, j’essaye d’être quelqu’un de sérieux. L’humour est une chose trop sérieuse pour la confier à des pitres tels que Trump ou Valls. Je vous rappelle que je suis athée. Si je pouvais accomplir des miracles, je commencerais par apprendre l’islandais sans peine… Quelle langue !
Est-ce que la Vierge se débrouille bien en islandais ?
Jón Gnarr : Euh…
Vierge : Dis la vérité, Jón Gnarr!!!
Jón Gnarr : Si, si, tout à fait, elle se débrouille fort bien. D’ailleurs, quand j’ai lu la lettre qu’elle m’a envoyée, j’ai d’abord cru à un canular…, j’ai cru qu’un Islandais se moquait de moi…
Vierge : On m’a aidée…
Jón Gnarr : Ah bon ! Tu ne m’avais rien dit ! Qui t’a aidée ?
Vierge : Il s’agit d’une jeune linguiste islando-grèque, que je sollicite parfois, Linda Nenna Estebansdóttir.
*Les personnes dont les noms sont frappés d’un astérisque pourraient être des ED (Êtres demi-incarnés) ou des EA (Êtres algorithmiques), qui, préparés dans l’Acharneur de Réalités Virtuelles, cherchent à exister.

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