L'accentuation en espagnol.

Transcription de la vidéo disponible ici bientôt.

(1) Lorsqu’un mot se termine par n, s ou voyelle, l’accent tonique se trouve sur l’avant-dernière syllabe.
(2) Lorsqu’un mot ne se termine pas par n, s ou voyelle, l’accent tonique se trouve sur la dernière syllabe.
(3) Lorsqu’un mot ne respecte pas (1) ou (2), un accent graphique indique la syllabe accentuée.
Voici, de façon résumée, ce que je vous ai expliqué sur l’accentuation en espagnol.
Rappelons que, pour bien faire fonctionner cette règle, il faut faire attention à ne pas confondre deux notions différentes, celle d’accent tonique et celle d’accent graphique.
L’accent tonique met en relief une syllabe, il fait que vous la prononciez plus fort : dans cantó, vous l’entendez, c’est le « ó« , la dernière syllabe, qui est accentuée ; dans canto, c’est la première syllabe, « can« , qui est accentuée.
L’accent graphique n’est, lui, que le trait de plume qui permet d’indiquer où se situe l’accent tonique lorsque l’on est dans le cas de figure (3).
En français, si vous prononcez les mots séparément, l’accent se trouve sur la dernière syllabe. Du coup, vous n’y prêtez pas vraiment attention : il n’y a pas deux mots que seul l’accent tonique distinguerait. En espagnol, par contre, il faut faire très attention, sous peine de dire autre chose que ce que vous voulez dire :
canto, signifie je chante, alors que cantó veut dire il chanta.
Quand, en espagnol, on veut imiter l’accent français, on met l’accent tonique à la fin.
Quand j’étais enfant, mon oncle m’a raconté cette blague :

Miguel llega a Tolosa, donde su primo Juan trabaja desde hace seis meses. Están en el bar de la estación de ferrocarril.

¿Y esto del francés, es difícil?

No, qué va. Muy fácil. Es como el español. Tú le pones el acento al final y va que chuta. Como el español, eh, solo que el acento al final, ¿vale?

Llega el camarero.

Mira, yo le hago el pedido al camarero en francés :

Dos chuletás con patatás.

(On dit, en réalité, Dos chuletas con patatas, bien entendu.)

Poco después, vuelve el camarero con los platos pedidos por Juan.

Miguel está impresionado por la competencia lingüística de su primo, que alardea :

¿Ves que no es difícil el francés? Tú le pones el acento al final y listo. Acuérdate, ¿vale?

El camarero interviene en la conversación:

Fácil, fácil…, pues no, fácil no es, lo que pasa es que yo soy de Coria.

(Coria est une petite ville proche de Séville).

Là, on a dit, je crois l’essentiel. Maintenant, il faudra que vous complétiez un peu ce qu’on vient d’expliquer :
Quelle est la différence entre et si ?
Je vous laisse étoffer le cours avec votre manuel.
Bonne soirée…
Le prof réapparaît.
Oui, non, en fait, non, ça ne va pas…
Voilà, je ne peux partir comme cela.
Vous avez vu un peu la définition que je vous ai donnée de l’accent ? :

L’accent tonique met en relief une syllabe, il fait que vous la prononciez plus fort : dans cantó, vous l’entendez, c’est le « ó« , la dernière syllabe, qui est accentuée ; dans canto, c’est la première syllabe, « can« , qui est accentuée.

Vous trouvez que c’est une vraie définition, ça ?
Non, pas vraiment : on est d’accord.
Voici ce que dit Wikipédia au sujet de l’accent tonique :

En linguistique et précisément en phonologie, l’accent tonique met systématiquement en relief une syllabe dans un mot en augmentant la hauteur, la force ou la durée du son, souvent une combinaison de ces trois facteurs. La syllabe (ou la more) frappée de l’accent est dite tonique, et les autres atones. On distingue fréquemment les langues à accent tonique des langues à tons et à accent de hauteur, bien que certaines langues, comme le mandarin et le thaï, utilisent les deux systèmes : dans une langue à tons, l’accent tonique peut n’être que secondaire. Enfin, au sein des accents toniques, on distingue deux catégories : l’accent d’intensité et l’accent de hauteur.

C’est mieux ?
Non ?
Non, peut-être pas. Quand j’ai vu cette définition, je me suis rappelé une expérience mentale que raconte le linguiste Pinker dans l’un de ses livres : essayez d’expliquer avec des mots comment il faut faire pour tailler un silex. Il faudra indiquer l’angle avec lequel il faut frapper, la force qu’il faut appliquer ou la façon dont la main gauche (ou la droite) doit tenir la pierre… En fait, à l’évidence, il vaut mieux avoir un artisan à côté de soi… Il s’agissait pour Pinker de combattre l’idée que le langage humain aurait pu surgir pour expliquer comment fabriquer des outils. Il signalait avec bon sens que le langage est un mauvais outil pour transmettre ce genre d’informations. Je me suis demandé si le langage était un bon moyen d’expliquer une langue ou un bon moyen pour transmettre des informations au sujet d’une langue. Peut-être pas pour tout. Il semble que pour l’accent, ce soit mieux de le faire entendre, plutôt que de l’expliquer
Maintenant, il ne faut pas renoncer aussi vite. D’abord, je suis sûr que, pour savoir s’il faut ou pas un accent graphique, rien ne vaut une explication du type de celle que je vous ai donnée. Donc, il y a des phénomènes linguistiques qui appellent une monstration et d’autres, qui demandent une explication
Et puis, peut-être que des définitions comme celle de wikipédia, une définition abstraite et linguistique, pour l’appeler ainsi, ont des avantages quand-même. Peut-être que comprendre finement ce qu’est l’accent nous aiderait à mieux prononcer… Peut-être aussi que cette compréhension peut nous aider dans d’autres langues…
Alors, voilà, je vais demander à différents spécialistes de nous expliquer ce qu’est l’accent et comment il fonctionne en français, en espagnol et dans d’autres langues.
(…)
Avant de partir pour de bon, laissez-moi vous dire que la préparation de ce cours m’a fait découvrir que la plupart des langues de la terre sont tonales, ce qui n’est pas le cas de presque aucune langue européenne. J’ai aussi découvert les îles Kiribati et leur langue, le gilbertin. J’ai découvert les mores.
Ce que je veux vous dire par là, c’est que les définitions comme celle qu’on a évoquée ont un intérêt que n’épuise pas leur capacité à transmettre les caractéristiques d’un phénomène linguistique à quelqu’un qui veut le maîtriser. Ces définitions permettent de classer des phénomènes et de mieux comprendre et connaître notre environnement. Avoir différentes façons de classer les phénomènes qui se présentent à nous enrichit notre perception de l’univers.
Les Kiribati sont menacés par la montée des eaux liée au réchauffement climatique. Elles risquent de disparaître. Peut-être que la langue qu’on y parle aujourd’hui disparaîtra avec elles.

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