Un réseau de fictions se met en place dans le Centre Universitaire Francophone de Szeged, Hongrie. Atelier littéraire.

Le Courrier de Timbrurbrou, le 28 mars 2038.

De récentes découvertes ont mis en évidence l’existence d’un réseau de fictions dans une université hongroise en 2025, dans le campus francophone de Szeged, ce qui nous conduit à revoir la chronologie généralement admise du début du phénomène. Ces découvertes ont aussi un effet inattendu : elles nous montrent comment les cerveaux humains ont réagi devant l’Idée. Aujourd’hui, celle-ci, devenue en quelque sorte constitutive de nos êtres, nous semble présente depuis toujours. C’est une illusion, bien entendu, que ces documents contribuent quelque peu à dissiper. Pour la plupart, les documents trouvés n’ont pas encore été écrits. Il appartient à chaque membre de la communauté de contribuer à leur existence. Le but étant de tenir le calendrier indiqué plus haut : les textes doivent être découverts avant 2025.
La communauté est diffuse. Elle se manifeste par intermittences. L’un des sites les plus durables ou qui s’activent le plus souvent semble être http://sebastiannowenstein.blog.lemonde.fr/. Un autre site mentionné est https://blogs.mediapart.fr/sebastiannowenstein/blog, mais il est moins complet. Certains sites éphémères qui se réclament de l’Idée semblent apocryphes. Malheureusement, on ne saurait exclure que les deux sites principaux le soient aussi.
Les documents.
Les documents mis à jour sont nombreux, mais d’un intérêt inégal. Nous rendons compte ici d’une faible part d’entre eux. Des comptes-rendus réguliers seront publiés ici (lien vers cette page). Le corpus est (sera) à la disposition de chacun ici : http://sebastiannowenstein.blog.lemonde.fr/. Comme d’habitude, les documents se publieront de façon automatique deux jours après que vous les aurez engendrées.
1. Verbatim des propos échangés lors du conseil d’administration (CA) du 28 juillet 2025 du Campus Universitaire Francophone de Szeged.
Les universités hongroises étaient dirigés par un conseil d’administration.
Un enseignant infecté présente le projet. Il est critiqué par les membres du CA qui ne semblent pas encore avoir les symptômes du virus et ne sont pas en mesure de comprendre le projet. Il présente une version pourtant simple et sommaire de ce qu’il croit être son initiative :

Chaque étudiant invente un personnage et le fait interagir avec ceux de ses camarades. Des histoires émergent ainsi, qu’il faut faire confluer régulièrement vers des points de rencontre que nous appelons les ATTRACTEURS. Ces attracteurs sont des points de passage obligés pour toutes les histoires, donc. Les attracteurs sont des livres de vulgarisation scientifiques dont les auteurs, nous l’espérons, accepteront de dialoguer avec nos étudiants. Nous souhaitons que nos fictions relèvent essentiellement de la science-fiction. Nos réseaux ont vocation à s’étendre aux collèges universitaires de notre bassin de recrutement, la terre. L’université de Höfði-Timburbrou a déjà accepté de participer au projet. D’autres établissements étrangers s’y intéressent.

2. Des lettres envoyées à des auteurs de livres de vulgarisation scientifique pour les prier de bien vouloir participer à l’initiative.
3. Une justification pédagogique du projet. Intéressante surtout pour comprendre que personne n’a eu conscience de l’importance de ce qui se mettait en place. La plume, qui devait servir à terme pour voler, avait initialement pour utilité de protéger du froid. Les biologistes nous ont assez expliqué que les innovations doivent avoir un intérêt local pour les phénotypes qui les portent et que l’évolution est incapable de voir au-delà de l’horizon temporel de l’individu.
4. L’un des premiers récits produits. Il met en scène des étudiants passionnés de bio-piratage qui développent un virus susceptible de modifier le comportement des professeurs et, en particulier, leurs notes.
5. Un récit écrit par un enseignant afin de tester l’Idée.
6. Des comptes-rendus sur l’évolution du premier lieu saturé de savoir.
Il y a aujourd’hui peu de lieux non saturés de savoir. À l’époque, il s’agissait de quelque chose d’artisanal et de, forcément limité.
Lorsque les élèves proposent de doter d’un code barres autant d’objets que possible dans la ville de Timburbrou, les autorités sourient et trouvent cela touchant. Elles considèrent que la génération atemporelle de données (GAT) est une lubie d’adolescents hyper-connectés. Un extrait de l’adresse des élèves au conseil municipal montre chez ses derniers une clairvoyance rare que l’on ne pourra non plus refuser au conseil municipal, même si la décision de celui-ci semble avoir été dictée par un mélange de paternalisme et de manque d’idées pour dépenser quelques reliquats de fonds européens.

Les instituts de recherche passent, les lycées restent. Certains sujets de recherche demandent des données dont la récolte peut durer des centaines d’années. C’est le cas, par exemple, de l’étude des arbres, dont la vie peut s’étendre sur des millénaires. Nous allons étudier les arbres de Timburbrou et transmettre notre mission à ceux qui nous succéderont sur les bancs de notre lycée.

Pour porter la collecte des données de génération en génération, nous allons créer une religion. Nous allons suggérer que le salut de l’humanité réside dans les informations mises en mémoire pendant des siècles. Les chercheurs de l’avenir, analyseront ces données et nous sauveront.

On retrouve les élèves de Timburbrou étudiants à Szeged.
7. Les élèves se sont intéressés aux mécanismes qui permettent de nier l’évidence :

  • L’industrie du tabac,
  • Le Rwanda,
  • Le Médiator,
  • L’Algérie,
  • La tricherie des moteurs diesel,
  • La négation des crimes nazis.

8. Ce document a été retiré de la base de données.
9. L’argumentation rationnelle.
Peut-on contraindre les acteurs sociaux à argumenter de façon rationnelle ?
10. Le conspirationnisme.
Commission sur la minute de silence.
Audition de Védrine au sujet du Rwanda.
Stage de formation.
Lettre à la ministre.
11. Forêts Potemkine.
12. Générateur de langage des arbres.
13. Utilisation de réseaux racinaires par des extraterrestres.
14. Conférence de Mislaa sur les réseaux et analogies entre les réseaux de fictions et les réseaux racinaires.
15. Collaboration avec l’Inria pour mettre en place un logiciel destiné à l’apprentissage.
(Document retiré du programme après la mise en fonctionnement du logiciel de Palantir)
16. Certains étudiants commencent à appliquer ce logiciel aux documents du tabac, puis à ceux sur le Rwanda, puis aux tweets des politiciens, etc. C’est un logiciel proche de celui développé par Palantir.
17. L’affaire Darmanin est un sous-produit de cette démarche.
18. Darmanin a-t-il retiré son tweet à cause de l’action des étudiants ?
Ces textes que nous mettons ici à l’honneur ne sont qu’un échantillon minime du vaste corpus dont notre communauté doit s’emparer. Chacun de nous doit contribuer, par sa lecture et ses analyses, à l’œuvre commune.

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