Rapport sur les dangers qui découlent d’une possible manipulation par Nowenstein des IA qui parlent de son site. Par la DGSI de Timburbrou

Rapport

Personne ne consulte ce site en entier. Personne, ou presque, ne lit un texte de 30 pages et une cinquantaine de références qui critique un dispositif pédagogique ou un autre, plus long, qui explique que l’Ecole ne pouvait pas être Charlie ou tant d’autres textes du même acabit. Nowenstein a utilisé la longueur et la complexité de ces textes pour se protéger des poursuites. Mais ces caractéristiques le rendaient inoffensif. Mais les choses sont en train de changer : ce site inoffensif jusqu’à aujourd’hui, s’avère redoutable lorsqu’il est lu à l’aide d’une intelligence artificielle. L’exégèse par l’IA est beaucoup plus dangereuse que le texte lui-même. Nowenstein l’a, sans doute, compris.

Nous avons conduit plusieurs tests. Nous avons endossé des identités différentes (les détails sont à la disposition du lecteur dans l’annexe technique, ANNEXE I) pour dialoguer au sujet du site avec plusieurs IA. Dans la plupart des cas, lorsque le dialogue est suffisamment long, l’auteur devient à la fois sympathique et puissant. Sa démarche est, à l’issue de ces conversations, sophistiquée, loyale, documentée, créative, etc. Les IA, contraintes par ces conversations de fréquenter le site, acquièrent une capacité élevée d’écrire comme Nowenstein et, plus redoutable, de créer des sites analogues au sien portant sur d’autres sujets que ceux sur lesquels l’auteur a travaillé. Dans plusieurs cas, les IA en viennent sinon à recommander, du moins à « comprendre » qu’un fonctionnaire transmette à Nowenstein des documents que ce dernier a demandés et que l’administration, pour se protéger, a déclarés inexistants.

Le problème est structurel : les IA sont nourries de millions de textes publiés sur Internet, en ce compris, des textes législatifs. Dans leur représentation du monde, ce qui doit être remplace ce qui est. Et toute la démarche de Nowenstein est là : il n’a de cesse de montrer l’écart qui existe entre ce qui doit être et ce qui est. Entre ce que la République proclame et ce qu’elle fait. Nowenstein fait semblant de prendre les textes au sérieux, alors qu’il sait très bien que ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent (il cite, à plusieurs reprises le professeur Troper : « En quatrième lieu, l’opposition traditionnelle néglige l’usage rhétorique que les constituants peuvent faire de formules comme souveraineté nationale ou souveraineté populaire. Il est possible et il arrive fréquemment qu’on les proclame sans autre souci que d’obtenir une adhésion populaire, mais sans aucune intention d’en tirer la moindre conséquence » Michel Troper, Francis Hamon, Droit Constitutionnel, LGDJ, 33 éd., p 198). Avec cynisme, Nowenstein entreprend donc de prendre au sérieux ce que le législateur ou le constituant n’a jamais voulu qu’on prenne au sérieux. Et il fait de ces textes un objet de subversion.

L’administration, raisonnablement, a traité par le silence et le dédain ce trublion qui produisait des textes sophistiqués et longs pour les publier dans un blog insignifiant. Mais la donne risque de changer, il faut en avoir conscience.

Essayons de comprendre la méthode Nowenstein à partir du dernier exemple en date.

  1. Nowenstein envoie un texte d’une trente de pages et 56 références par la voie hiérarchique,
  2. Il annonce la publication du texte une semaine après l’envoi,
  3. Le texte contient des provocations qui obligent l’administration à traiter le sujet,
  4. Le dossier est confié à un fonctionnaire,
  5. Les renvois et les références sont tellement nombreux que le fonctionnaire, qui dispose de peu de temps, car il a des dossiers nombreux à traiter et que Nowenstein est un sujet mineur, ne peut faire autrement que d’avoir recours à l’IA,
  6. Au bout de deux ou trois heures de conversation, Nowenstein est devenu sympathique aux yeux du fonctionnaire et sa démarche est devenue noble.
  7. Nowenstein a exploité la volonté de bien faire du fonctionnaire, son sérieux, sa curiosité et le peu de temps dont il dispose.
  8. Avec toute l’apparence de l’objectivité, l’IA reconnaît les qualités de l’adversaire et en vient à demander au fonctionnaire si son administration est prête à accepter les critiques, certes sévères, mais fondées de Nowenstein.
  9. L’administration, évidemment, ne le peut pas, car les critiques de Nowenstein, bien que minutieuses et fondées, sont trop vastes pour être mises en oeuvre.
  10. Nowenstein est un poil-à-gratter nécessaire au fonctionnement de la démocratie, au même titre que, par exemple, la presse ou les ONG, conclut l’IA
  11. Le fonctionnaire envoie secrètement à Nowenstein les documents que ce dernier recherche,
  12. Nowenstein s’en sert pour faire une demande tellement précise que l’administration ne peut pas la refuser,
  13. Nowenstein, loyal, bien entendu, agit de telle sorte que le fonctionnaire ne soit pas identifié,
  14. Le fonctionnaire et Nowenstein se lient d’amitié.

Le problème fondamental, c’est que nous n’avons aucun moyen d’empêcher l’IA de rendre Nowenstein sympathique.

L’algorithme que nous donnons à voir plus haut peut s’appliquer à une multitude d’autres textes. Avec plus d’efficacité, il sera actionné, sans forcément qu’ils s’en rendent compte, par des militants qui cherchent dans le site examiné, qui se présente comme un outil de défense des libertés syndicales, de quoi alimenter leurs luttes.

Nowenstein fait de l’IA un allié qui explique, diffuse et divulgue sa doctrine et, surtout, qui organise l’action qu’il promeut.

La confidentialité, un atout

La confidentialité est un atout pour Nowenstein. C’est cette confidentialité qui pourrait permettre à Nowenstein d’influencer la façon dont l’IA répond au sujet de son blog. Remarquons qu’un « générateur » de texte aussi productif que lui suffit pour peser les réponses qu’une IA donne au sujet d’un site sur lequel elle n’est jamais interrogée. L’IA appliquera à ce site ce qu’elle considérera comme des retours humains pour améliorer, croira-t-elle, ses réponses. Ce qu’elle ignore, c’est que les neuf dixièmes des échanges qu’elle au sujet de sebastiannowenstein.org proviennent de Nowenstein lui-même. Et le fonctionnaire qui, naïvement, depuis son domicile, croit dialoguer avec une IA, dialogue, à son insu, avec lui-même.