Israël et l’Amérique Latine, appel à projets

Chères et chers collègues,

Yair Klein, Rafi Eitan : ces noms évoquent-ils quelques chose pour vous ?

Ils apparaissent dans un tweet récent du président colombien Gustavo Petro qui, en pleine crise diplomatique avec Israël au sujet de Gaza, rappelait le rôle joué par ce pays et par des instructeurs israéliens dans la formation des Autodefensas Unidas de Colombia et dans ce que le président appelle le « génocide colombien ». Les AUC firent plus de 200.000 victimes, dont les corps finirent, pour partie, brulés dans des fours crématoires.

Les accusations du président Petro s’inscrivent dans un contexte polémique et son tweet ne mentionne aucune source susceptible de les étayer. Il n’en reste pas moins que la collaboration d’Israël avec les régimes les plus brutaux de la région et avec des groupes paramilitaires est solidement étayée. En plus de collaborer étroitement avec la Colombie d’Uribe, Israël vendit des armes à la dictature militaire argentine, pourtant volontiers antisémite, et s’associa avec elle en Amérique Centrale, pour, prétendument, lutter contre le communisme. Israël collabora avec le Guatemala de Rios Montt, qui organisa le génocide des Indiens maya. Il le fit aussi avec le Honduras et El Salvador, en agissant souvent par procuration des États-Unis, lorsque le Congrès devenait trop curieux ou l’opinion publique trop irritée par les alliés brutaux qui gouvernaient ces pays. Israël collabora aussi avec la Contra sandiniste dans ce qu’on appelle le Contragate et, à cette occasion, arma l’Iran.

Je voudrais vous inviter à travailler collectivement sur le passé latino-américain d’Israël. Je mets à votre disposition mes lectures, mes initiatives et mes propositions.