Nous, enseignants, avons pour mission de faire partager aux élèves les valeurs de la République. Telle est, dit l’article L111-1 du Code de l’éducation, la mission première que la Nation nous confie, outre la transmission des connaissances.
Nous faisons acquérir, dispose l’article L111-1, le respect de l’égale dignité des êtres humains.
Pourtant, la République bafoue ses valeurs. Elle méconnaît ces valeurs que nous devons transmettre. Elle le fait quand elle fournit des armes à Israël. Elle le fait lorsqu’elle refuse d’exécuter le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) contre le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui a pu survoler en toute impunité le territoire national. Elle le fait aussi lorsqu’elle condamne pour apologie du terrorisme un syndicaliste au motif qu’il établit un lien de causalité entre les attaques du Hamas et les dizaines d’années d’occupation israélienne. Elle le fait, en somme, lorsque, par ses actes ou par son inaction, elle se fait complice.
Face à ces contradictions, la CGT éduc’action ne saurait se taire. La France ne peut à la fois proclamer des valeurs élevées et les trahir dès lors qu’il s’agit du peuple palestinien et de la guerre génocidaire qu’Israël lui livre. Les enseignants de la CGT éduc’action appellent le gouvernement français et le Président de la République à agir en conformité avec les valeurs que la République qu’ils ont pour mission de transmettre.
En attendant cette cohérence que nous appellons de nos vœux, nous continueront à rechercher l’adhésion des élèves aux valeurs de la République. Car ces valeurs restent bonnes. Et elles doivent être défendues, même si elles le sont malgré la République, voire contre elle ou contre sa politique.
Nous aiderons nos élèves à faire la part des choses. Et à chaque fois que le conflit naîtra ente les valeurs de la République et la politique qu’elle conduit, nous n’hésiterons pas : nous défendrons les valeurs, pas l’État ou sa politique. En agissant ainsi, nous sommes et restons loyaux aux missions que la Nation, par les lois qu’elle s’est données, nous a confiées.