Contrôles britanniques à Bruxelles. Les pièces du dossier.

L’auteur ne saurait être tenu pour responsable si d’aucuns voulaient prendre pour de la non-fiction ce qui se publie dans ce blog.

Le Courrier de Timburbrou, le 12 mars 2029.

Nous commençons la publication d’une série de documents qui viennent de nous parvenir du Passé par messagerie cryptée. Nous les publierons dans l’ordre dans lequel ils nous parviennent, qui n’est pas l’ordre chronologique des faits. Comme nos lecteurs le savent, des distorsions de ce type sont fréquentes lors des publications trans-temporelles.
Des faits homologues ou comparables semblent s’être produits dans d’autres dimensions et impliqueraient une compagnie appelée Eurostar, aujourd’hui dissoute.
En 2011, à Bruxelles, un citoyen français, Esteban Nierenstein, déposa plainte contre X pour coups et blessures, arrestation arbitraire et harcèlement. Les faits dénoncés par le plaignant s’inscrivent dans un contexte qu’il faut préciser.
Professeur d’anglais et d’islandais, monsieur Nierenstein, travaillait à Lille mais habitait à Bruxelles. Pour se rendre à son travail, monsieur Nierenstein empruntait le train et, de se fait, était amené à recourir aux services d’une compagnie islando-britannique, EvróStjárn.
Avant d’accéder au train, les voyageurs étaient soumis à plusieurs contrôles. L’un d’eux posait problème à monsieur Nierenstein, car il était, à son estime, dépourvu de base légale : des fonctionnaires britanniques exigeaient des voyageurs à destination de Lille qu’ils leur présentassent leur titre de transport afin de s’assurer qu’ils ne se rendaient pas à Londres. Devant la stupéfaction des fonctionnaires britanniques, monsieur Nierenstein se soustraya1 de façon répétée aux contrôles qu’ils entendaient effectuer. Les policiers belges arrêtèrent l’enseignant à plusieurs reprises, présumant que si leurs collègues britanniques étaient sur place et contrôlaient les voyageurs comme ils le faisaient, c’était qu’ils en avaient le droit. Monsieur Nierenstein, cependant, parvint à convaincre la police belge du bien-fondé de sa position et cette dernière cessa de l’arrêter. Les Britanniques et la compagnie ferroviaire se tournèrent alors vers une milice privée2 qui essaya à plusieurs reprises d’intimider monsieur Nierenstein. L’une des interventions se solda par des blessures sérieuses qui se traduisirent par un mois d’arrêt de travail. Après avoir formulé d’ultimes et vaines propositions de conciliation à l’intention de l’État belge, monsieur Nierenstein porta plainte.
Plusieurs choses sont inhabituelles dans cette affaire. L’une d’elles ce sont les rapports qui s’établirent entre les policiers belges et monsieur Nierenstein, qui, de fort tendus au début, sont devenus cordiaux, au point qu’un tutoiement amical s’était instauré entre certains policiers et monsieur Nierenstein. Ce dernier, en effet, n’avait eu de cesse d’expliquer à ses interlocuteurs qu’il ne se battait pas contre eux, mais contre ceux qui les instrumentalisaient pour les mettre au service d’intérêts privés ou d’un État étranger. Monsieur Nierenstein considérait que la police avait pour mission de défendre des libertés publiques et les citoyens. Les policiers, attachés à leur pays et à l’idée de service public furent sensibles à ce discours.
Nous publions ci-après la lettre que monsieur Nierenstein envoya aux syndicats de policiers pour leur demander de protéger des policiers en bute aux pressions de leur hiérarchie -elle-même sous pression-, qui voulait obtenir des officiers des déclarations peu conformes aux faits, destinées à incriminer monsieur Nierenstein et, surtout, à dédouaner les haut-fonctionnaires et les politiciens qui avaient participé à ce que monsieur Nierenstein n’hésitait pas à qualifier de coalition de fonctionnaires, une prévention peu usité du code pénal belge.
Les documents en question sont ici : http://sebastiannowenstein.blog.lemonde.fr/2018/04/27/controles-britanniques-a-bruxelles-lettre-aux-syndicats-de-policiers/
 

1Verbe défectif en 2018. Il commence à être utilisé au passé simple en 2025, après qu’il était devenu une sorte de signe de reconnaissance.

2À l’époque dont nous parlons, à la suite de la diminution du périmètre d’intervention de l’État, des milices privées avaient fleuri. Leurs noms varient légèrement ; elles incluent souvent le mot sécurité, que ce soit en anglais -security-, en islandais -örriygis- ou en roumain -securitate-

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