Monsieur le Ministre,

s/c du chef d’établissement

Je vous écris afin de vous interroger sur le sens qu’il faut donner à l’article premier de la Loi pour une École de la Confiance en cas de faute ou d’erreur commise par l’administration.

Lorsque vous dirigiez l’Institut des Hautes Études d’Amérique latine (IHEAL), vous avez recruté Mario Sandoval, que la France vient d’extrader vers son pays, l’Argentine. Monsieur Sandoval y est soupçonné dans plus de 500 cas de disparitions forcées. En parallèle avec son enseignement à l’IHEAL, monsieur Sandoval a été conseiller politique de l’une des pires organisations terroristes d’Amérique latine, les Autodéfenses unies de Colombie (AUC), responsable de 150.000 morts et de 80 % des assassinats de civils pendant le conflit colombien.

Que l’Université française ait accueilli un tel maître est de nature à ébranler la confiance qui lui est accordée d’ordinaire. Si, mutatis mutandis, la même situation se produisait au sein de votre ministère, est-ce que l’article premier de la Loi pour une École de la Confiance ferait naître des responsabilités particulières pour le recruteur ou l’administration ? Est-ce que, au contraire, il faut comprendre qu’aux effets dudit article premier, l’administration bénéficie d’une présomption d’exemplarité qui la dispenserait d’assumer la responsabilité institutionnelle de ses fautes ou erreurs à l’instar de ce qui semble s’être produit dans l’affaire Sandoval ?

Peut-on être exemplaire, au sens de l’article premier de votre loi et, en même temps, ne pas assumer la responsabilité des erreurs graves ou des fautes que l’on a commises ? 

Je publie ce courrier à l’adresse http://sebastiannowenstein.org/2020/01/14/affaire-sandoval-lettre-au-ministre-blanquer-iii/

Je ne manquerai pas de publier également la réponse que vous réserverez à ce courrier si cette dernière me parvient.

Je vous prie d’agréer, monsieur le ministre, l’expression de mes salutations distinguées.

Sebastián Nowenstein,

professeur agrégé

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