Monsieur le Proviseur,

Je vous saurais gré de bien vouloir transmettre le courrier ci-après.

Je vous prie d’agréer, monsieur le Proviseur, à l’expression de mes salutations les meilleures.


S. Nowenstein.

A Lille, le 23 novembre 2020.

Monsieur Gérald Darmanin,

Ministre de l’intérieur,

s/c du chef d’établissement

Monsieur,


Dans un article mis en ligne le 17 novembre 2020 par le Figaro et largement repris, vous déclarez :


« Comme maire d’une commune [Tourcoing, ndlr], j’ai fait la tournée des écoles et j’ai remarqué que, dans certains quartiers, il y a plus de petits garçons que de petites filles, alors que statistiquement on sait que plus de petites filles naissent. (Ouest France, 19/11/2020).
C’est un scandale de ne pas voir ces petits “fantômes” de la République ni à l’école laïque, ni à celle sous contrat et ni même à l’école hors contrat », a-t-il ajouté, assurant vouloir « sauver ces enfants des griffes des islamistes ». (Le Monde, 18/11/2020)


Il y a un an, vous faisiez des déclarations de la même teneur, que vous épingliez sur twitter et que LCI reprenait le 19 octobre 2019 :

Le 14 octobre dernier, Gérald Darmanin, interrogé sur le voile islamique répondait : « ce n’est pas le premier des problèmes que j’ai vus quand j’étais maire de Tourcoing. Le premier problème c’est que les petites filles de la République ne vont pas toutes à l’école (…) Il y a des déséquilibres dans des quartiers de la République. Moi je l’ai constaté chez moi, ça a été mon quotidien : il y avait moins de petites filles que de petits garçons dans les écoles. » Et le ministre de l’Action et des Comptes publics de conclure : « On ne les voit jamais, c’est des invisibles de la République. »


Le site LCI a enquêté dans la ville de Tourcoing et n’a pas été en mesure de confirmer vos propos. Au niveau national, vous le savez sans doute, ils sont infirmés par les données du ministère de l’Éducation nationale. Et il est faux de dire qu’il naît pas plus de petites filles que de garçons, puisque c’est le contraire qui est vrai : 105 garçons pour 100 filles.

Auriez-vous inventé ces petits fantômes, ces invisibles de la République, comme vous dites, pour mieux les sauver après ?

Ou êtes-vous en mesure de démontrer l’existence réelle de ces petites filles qui ont été votre quotidien de maire, pour reprendre encore votre formulation ?


Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, monsieur le ministre, l’expression de mes sentiments les meilleurs.


Sebastián Nowenstein, professeur agrégé.

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