Voici la réponse de monsieur Witkowski, qu’il vient de me faire parvenir et pour laquelle je le remercie vivement.

Je note que monsieur Witkowski est président du conseil de gestion de l’IHEAL, mais pas enseignant, comme je l’ai écrit dans le courrier que je lui ai adressé. Je le prie de m’excuser pour cette erreur.

Monsieur Witkowski répondait à cette lettre : http://sebastiannowenstein.org/2019/12/23/affaire-sandoval-lettre-au-professeur-witkowski/

Paris, le 6 janvier 2020

Monsieur le Professeur,

J’ai bien reçu votre lettre du 23 décembre concernant le rôle de Mario SANDOVAL à Paris dans les années 2000 et je réponds à vos différentes questions.

1/ M. Sandoval et vous avez été collègues à l’IHEAL.

Non, nous n’avons jamais été « collègues à l’IHEAL » car je ne suis pas membre du corps professoral de l’Université française, n’ai jamais exercé la moindre fonction d’enseignement à l’IHEAL. Je suis Président du Conseil de gestion de l’IHEAL. D’autre part, je n’avais jamais entendu parler de Mario Sandoval dans le cadre de mes activités à l’IHEAL.  

2/ Vous avez participé ensemble, en juin 2006, au colloque France et Amérique Latine : concurrence et coopération ? organisé par l’Assemblée française des Chambres de Commerce et d’Industrie, dont vous étiez à l’époque le Directeur des Affaires européennes.

Dans la « Gazette de l’IHEAL », vous avez fait l’éloge de la contribution de Monsieur Sandoval en ces termes :

« Alliances et rapports de force, interdépendance économique et souveraineté nationale, stratégies de guerre économique et accès au savoir, rôle des Académies militaires et des officines privées : en dressant un panorama de l’état des lieux en matière d’intelligence économique en Amérique latine, M. Mario Sandoval, chargé d’enseignement des universités et qui a été l’homme-orchestre de ce colloque aux côtés de Philippe Clerc a démontré les similitudes avec les autres systèmes existants ».

J’ai participé au Colloque « France – Amérique latine : concurrence et coopération » du 21 juin 2006 organisé par l’ACFCI (devenue CCI France). En tant que rapporteur, j’ai présenté les synthèses des travaux de cette journée lors des conclusions en essayant de citer chacun des intervenants. J’ai essayé d’être factuel en rappelant le rôle joué par Mario Sandoval dans ce colloque. Il ne s’agissait pas d’un « éloge » de ma part.

3/ Vous n’avez pas signé la lettre de vos collègues de l’IHEAL qui déplorait le fait que Monsieur Sandoval ait enseigné dans votre institution et ne vous êtes pas exprimé publiquement sur cette affaire, ni à titre personnel ni en tant que président du conseil de gestion de l’IHEAL.

Si je n’ai pas été sollicité pour signer la lettre de l’IHEAL, c’est probablement pour les raisons évoquées ci-dessus (réponse n°1). Sur le fond, j’approuve totalement cette lettre et j’aurais pu la signer sans la moindre réserve.

4 / Monsieur Sandoval et l’IHEAL

Cf. ci-dessus.

5/ Quand avez-vous fait la connaissance de Monsieur Sandoval ?

J’ai fait sa connaissance pour la première fois au début de l’année 2006 au siège de l’Assemblée des Chambres françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI), devenue CCI France. Je l’ai vu quatre fois dans ma vie : deux réunions à l’ACFCI, une fois à la Maison de l’Amérique latine au printemps 2006 lors d’une réunion de cadrage et lors du colloque le 21 juin 2006.

6/ Quand avez-vous eu un échange avec lui pour la dernière fois ?

Le 21 juin 2006 lors du Colloque qui s’est tenu à la Maison de l’Amérique latine. Je n’ai eu aucun contact avec lui après cette date.

7/ Quand avez-vous découvert que Monsieur Sandoval était accusé d’avoir fait partie de l’appareil de répression de la dictature argentine ?

Je l’ai su par divers articles de la presse latino-américaine et notamment, le journal argentin « Página/12 »

8/ Quand avez-vous pris connaissance des activités de conseil de Monsieur Sandoval auprès des Autodefensas Unidas de Colombia ?

En lisant « Le Monde diplomatique » en mai 2007.

9/ Quelle était la nature du travail de Monsieur Sandoval au sein de l’IHEAL ?

Je n’avais jamais entendu parler de Monsieur Sandoval à l’IHEAL auparavant (cf. réponse n°1).

10/ Collaboriez-vous avec Monsieur Sandoval au sein de l’IHEAL ?

Non.

11/ Quelles étaient les relations entre Monsieur Sandoval et la direction de l’école, entre Monsieur Sandoval et son directeur, Monsieur Blanquer, en particulier ?

Je l’ignorais totalement (cf. mes réponses ci-dessus).

12/ Dès sa prise de fonctions à la tête de l’IHEAL, poste auquel elle a succédé à Monsieur Blanquer, Madame Zagefka a suspendu le financement d’un colloque organisé par Monsieur Sandoval en raison du manque de scientificité de ce colloque. Madame Zagefka a également décidé de ne pas reconduire Monsieur Sandoval dans ses fonctions. Avez-vous été consulté par la directrice au sujet de ces deux décisions qu’elle a prise ? Avez-vous approuvé ou désapprouvé ces décisions ?

Non je n’ai pas été consulté par ces deux décisions de la part de Madame Zagefka. Ce type d’initiatives relèvent du comité de direction et non pas celles du Conseil de gestion.

13 /Y a-t-il un lien entre le colloque dont le financement a été supprimé par Madame Zagefka et celui dont vous faites la synthèse ?

Non il n’y a aucun rapport entre les deux colloques.

14/ La lettre de vos collègues déplorant que Monsieur Sandoval ait enseigné à l’IHEAL ne porte pas votre signature. Pourquoi ?

Cf. ma réponse n°3

15/ Que diriez-vous aujourd’hui à un ancien étudiant de l’IHEAL qui aurait suivi l’enseignement de Monsieur Sandoval ?

Cf. lettre de l’IHEAL sur cette affaire

16/ Concernant le colloque France et Amérique Latine : concurrence et coopération ? Qui est à l’origine de ce colloque ?

C’était une initiative prise par l’ACFCI (devenue CCI France).

17/ Quelles étaient les compétences de Monsieur Sandoval qui le rendaient apte à y participer ?

Il se présentait comme « chargé d’enseignements », spécialiste de l’intelligence économique. Il avait joué un rôle d’organisateur du colloque du 21 juin 2006, comme collaborateur sous l’autorité de Philippe CLERC, directeur de l’intelligence économique de l’ACFCI (devenue CCI France).

18/ La lecture du blog de Monsieur Sandoval donne une impression de grande médiocrité. Les fautes de langue ou d’orthographe y sont abondantes et le fond paraît inexistant. Pouvez-vous citer un travail de Monsieur Sandoval dont vous estimeriez qu’il serait de qualité ?

Je ne savais pas qu’il avait un blog et je n’ai jamais cherché à connaître son travail.

19/ Considérez-vous que Monsieur Sandoval soit un expert de quelque-chose ? Si oui, de quoi ?

Il se disait « expert en sécurité » dans le domaine international…

20/ La façon élogieuse dont vous avez décrit la prestation de Monsieur Sandoval reflétait-elle votre pensée, ou s’est-il agi de propos de circonstances dictés par des considérations autres que la volonté de rendre-compte de façon fidèle des travaux de ce colloque ?

J’ai essayé d’être aussi fidèle que possible dans mon compte-rendu lors de ce colloque qui a duré une journée mais je ne crois pas avoir été élogieux concernant le rôle de Monsieur Sandoval.

21/ Pouvez-vous me renseigner sur la nature des relations entre Mario Sandoval ?

Avec qui ?

22/ Quelle est la nature de votre collaboration avec Monsieur Philippe Clerc ?

Philippe Clerc était un ancien collègue de travail à l’ACFCI.

J’espère avoir pu répondre à l’ensemble de vos questions et demeure à votre disposition pour toute autre précision complémentaire.

Mais, à mon avis, demeurent, sur le fond, deux autres questions qui devaient être posées, dès l’origine de cette affaire que vous évoquez au début de votre lettre et qui constituent le « but de votre enquête » :

1/ Pourquoi, pour quels motifs et par qui la naturalisation française a été accordée à Mario Sandoval ?

2 / Mario Sandoval a-t-il pu bénéficier d’appuis, au sein de l’appareil d’Etat et si oui, lesquels, pour lui permettre de poursuivre ses activités au cours de ces années, au milieu des années 2000 ?

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Professeur, l’expression de ma considération distinguée.

Stéphane WITKOWSKI

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