Chères et chers collègues,

Je me permets de vous transmettre cet article du Monde, qui explique comment le ministère parvient à produire des chiffres notoirement faux sur le nombre de cas COVID parmi nos élèves. L’article décrit aussi la façon dont ces fausses informations sont diffusées.

On peut noter en particulier que la différence entre les chiffres de notre ministère et la réalité a atteint un niveau spectaculaire (je cite le journal) lors des vacances de la Toussaint, avec un facteur 13. Cet ordre de grandeur dépasse de beaucoup celui, fameux, des exagérations de Donald Trump au sujet du public ayant assisté à son investiture. Le président américain se contenta, en effet, d’un facteur 7.6.

Étonnamment, cette tension entre réalité et chiffres de notre ministère ne semble pas incommoder le gouvernement qui, pourtant, se montrait soucieux de lutter contre les fake news dans la matière :

« La crise du #COVID19 favorise la propagation de #fakenews. Plus que jamais, il est nécessaire de se fier à des sources d’informations sûres et vérifiées. C’est pourquoi le site du @gouvernementFR propose désormais un espace dédié. »,

affirmait madame Ndiaye lors du lancement de la page « Desinfox Coronavirus ».

Il est vrai, cependant, que cette page a été rapidement fermée devant les réactions des rédactions : « L’Etat n’est pas l’arbitre de l’information »

Un autre article du Monde évoque les déclarations mensongères du ministre concernant un prétendu déficit de scolarisation des petites filles par rapport aux petits garçons. Cet épisode a ceci de singulier qu’alors que la fausseté de l’énoncé avait été démontrée (le cabinet du ministre préférant utiliser le terme “d’imprécision”), monsieur Blanquer a cherché, à peine quelques mois plus tard, à accréditer derechef cette infox.

Constatant l’insistance du ministre, j’ai écrit à la Personne Responsable de l’Accès aux Données numériques (PRADA) de notre ministère afin d’obtenir communication des études susceptibles d’étayer l’affirmation de monsieur Blanquer.

Je me demande souvent s’il n’y a pas un angle mort dans les dispositifs éducatifs par lesquels nous cherchons à mettre en garde nos élèves contre la désinformation, tant il est vrai que celle qui émane des institutions, de par la présomption de véracité que l’on attache d’ordinaire à l’expression de ces dernières, peut s’avérer particulièrement efficace.

Bonne journée,

Sebastián

PS : Le mail à l’intention de la PRADA du ministère n’est parti que le 21 novembre, trois jours donc après la publication de cet article, en raison d’une erreur de ma part.

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